Le Premier ministre français Gabriel Attal va présenter sa démission

Le Premier ministre français Gabriel Attal va présenter sa démission

Le Premier ministre français Gabriel Attal prononce un discours suite aux premiers résultats du second tour des élections législatives françaises à Matignon à Paris le 7 juillet 2024.

Ludovic Marin | AFP | Getty Images

Le Premier ministre français Gabriel Attal a annoncé qu’il présenterait sa démission lundi, après que les premiers résultats d’un sondage ont montré que son parti centriste Ensemble, celui du président français Emmanuel Macron et ses alliés, arrivaient en deuxième position au second tour des législatives.

Ensemble et ses alliés devraient obtenir entre 150 et 180 sièges, selon une estimation de l’IFOP, derrière le résultat de 180-215 du Nouveau Front populaire.

Les deux factions ont devancé le vainqueur du premier vote parlementaire, le Rassemblement national d’extrême droite.

La France risque désormais de se retrouver coincée dans un scénario de parlement sans majorité absolue, qui la diviserait entre trois partis fortement représentés, qui doivent négocier des alliances pour obtenir le contrôle absolu.

Un parlement sans majorité absolue en France est le « meilleur résultat » dans un scénario électoral, estime Maurice Lévy, président de Publicis

Attal, qui est devenu le plus jeune Premier ministre de l’histoire française en janvier seulement, n’occupera probablement pas le deuxième poste le plus élevé du pays au sein du prochain gouvernement.

“Fidèle à la tradition républicaine et conformément à mes principes, je remettrai demain matin ma démission au président de la République”, a déclaré dimanche M. Attal, selon une traduction de CNBC.

“Je sais qu’à la lumière des résultats de ce soir, beaucoup de Français ressentent une certaine incertitude quant à l’avenir, aucune majorité absolue ne s’étant dégagée (au Parlement). Notre pays vit une situation politique inédite”, a ajouté M. Attal.

Son départ était largement attendu au lendemain du premier scrutin présidentiel, lorsque des analystes avaient fait circuler la possibilité que Macron doive concéder la primature au chef du RN Jordan Bardella, si l’extrême droite conservait son avance.

“Dès le début de cette campagne, j’ai été alerté sur trois risques : le risque d’une majorité absolue dominée par la France insoumise, le risque d’une majorité absolue dominée par le Rassemblement national, et le risque de la disparition d’un mouvement qui incarne nos idées et nos valeurs”, a déclaré M. Attal dimanche soir. “Ces trois risques, aujourd’hui, ont été écartés par les Français. Ce soir, aucune majorité absolue ne peut être dirigée par les extrêmes”.

À la lumière des résultats du second tour, Attal a posé les bases d’une période de transition pour le paysage politique français :

«Mesdames et messieurs, ce soir, une nouvelle ère commence. Une nouvelle ère pour notre nation», a-t-il déclaré.

Face à l’incertitude qui règne dans l’une des principales économies européennes, les marchés seront attentifs dans les prochains jours aux indications sur les alliances qui se formeront pour parvenir à une majorité au pouvoir.

Il est peu probable que le pouvoir français soit entièrement démantelé à l’issue des élections, Macron ayant déjà indiqué qu’il terminerait son mandat jusqu’en 2027, quel que soit le résultat du vote.