Le talc peut-il provoquer le cancer ? Voici ce que dit l’agence de l’OMS

Le talc peut-il provoquer le cancer ? Voici ce que dit l’agence de l’OMS

Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), une division de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a annoncé des résultats suggérant un lien potentiel entre le talc et le cancer de l’ovaire. La décision s’appuie sur l’évaluation par l’agence de preuves indiquant une possible association entre l’utilisation du talc et les risques de cancer.

Le talc, un minéral naturel couramment utilisé dans des produits comme le talc en poudre pour bébé, a fait l’objet d’une enquête du CIRC. Bien que la plupart des individus soient exposés au talc par le biais de produits de consommation tels que le talc en poudre pour bébé et les cosmétiques, l’agence a souligné que l’exposition la plus importante se produit lors de l’extraction, du traitement ou de la fabrication d’articles à base de talc.

De nombreuses études examinées par le CIRC ont systématiquement indiqué une incidence plus élevée de cancer de l’ovaire chez les femmes qui utilisent du talc dans la région génitale. Cependant, l’agence a noté qu’il était difficile d’établir définitivement une relation de cause à effet en raison de la contamination potentielle des échantillons de talc par de l’amiante cancérigène.

Kevin McConway, un statisticien non affilié à l’étude, a mis en garde contre le fait de considérer l’évaluation du CIRC comme une preuve concluante des propriétés cancérigènes du talc. Il a souligné que l’évaluation de l’agence se concentre principalement sur le potentiel d’une substance à provoquer le cancer dans des conditions spécifiques, plutôt que sur la preuve définitive d’un lien de cause à effet.

Récemment, le géant pharmaceutique et cosmétique Johnson & Johnson a conclu un accord à l’amiable de 700 millions de dollars concernant des allégations de commercialisation trompeuse de ses produits à base de talc. Bien qu’elle ait retiré ces produits du marché nord-américain en 2020, l’entreprise n’a pas admis avoir commis de faute dans le cadre de l’accord.

Par ailleurs, le CIRC a classé l’acrylonitrile, un composé chimique utilisé dans la production de polymères, comme « cancérogène pour l’homme », citant des preuves suffisantes de son association avec le cancer du poumon. Cette classification suscite des inquiétudes quant à l’utilisation généralisée de polymères à base d’acrylonitrile dans divers produits de consommation, notamment les fibres pour vêtements, les plastiques et les tapis.

(avec les contributions de l’agence)