Les robinets secs à Delhi et Bangalore nuisent à la santé économique de l’Inde, prévient Moody’s

Les robinets secs à Delhi et Bangalore nuisent à la santé économique de l’Inde, prévient Moody’s

Les longues files d’attente pour l’eau que Delhi voit depuis quelques semaines nuisent à la santé du crédit de l’Inde. Dans un rapport de Moody’s Ratings, l’aggravation de la pénurie d’eau, déclenchée par une consommation élevée dans un contexte de croissance économique rapide et de fréquentes catastrophes naturelles, peut “exacerber la volatilité de la croissance indienne”.

Des millions d’Indiens sont confrontés à des pénuries d’eau chaque été lorsque la demande en eau augmente dans les fermes, les bureaux et les maisons alors que l’approvisionnement est limité, mais une vague de chaleur prolongée cette année a aggravé le déficit, notamment à Delhi et à Bangalore.

La disponibilité annuelle moyenne en eau par habitant en Inde devrait tomber à 1 367 mètres cubes d’ici 2031, contre 1 486 mètres cubes déjà bas en 2021, selon le ministère des Ressources en eau. Un niveau inférieur à 1 700 m3 indique un stress hydrique, 1 000 m3 étant le seuil de pénurie d’eau, selon le ministère.

Moody’s a également souligné que l’Inde est un gros consommateur d’eau, car son économie est vaste et continue de croître rapidement, tandis que sa population continue de croître. L’agence a déclaré qu’elle s’attend à ce que l’économie indienne connaisse une croissance de 6,5 % en 2024, soit plus rapidement que toutes les autres économies du G20.

“Cela est préjudiciable à la santé du crédit du pays souverain, ainsi qu’aux secteurs qui consomment beaucoup d’eau, comme les centrales électriques au charbon et les aciéries”, indique le communiqué. “À long terme, les investissements dans la gestion de l’eau peuvent atténuer les risques liés à d’éventuelles pénuries d’eau”, ajoute-t-il.

Parmi les secteurs industriels, les producteurs d’électricité au charbon et les sidérurgistes sont les plus vulnérables au stress hydrique en Inde, a indiqué l’agence de notation mondiale. Les centrales thermiques au charbon sont l’une des plus grandes utilisatrices d’eau, car l’Inde dépend fortement de la production d’électricité à base de charbon.

Moody’s a également noté que le gouvernement indien investit dans les infrastructures hydrauliques et fait des efforts en faveur du développement des énergies renouvelables, ce qui aidera le pays à réduire sa dépendance à l’égard de la production d’électricité à partir du charbon, qui consomme beaucoup d’eau. Les sociétés productrices d’électricité investissent dans les énergies renouvelables dans le cadre des objectifs gouvernementaux visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre, ce qui contribuera à réduire leur dépendance à l’eau, ajoute le communiqué.

Le marché de la finance durable en Inde peut offrir aux entreprises et aux gouvernements régionaux un moyen essentiel de lever des fonds, selon le rapport. Moody’s attribue actuellement à l’Inde une note Baa3 avec une perspective stable.